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Qu’est-ce qui fait la valeur d’une œuvre d’art ?
26 août 2019

Qu’est-ce qui fait et décide de la valeur d’une œuvre d’art : une question complexe, des réponses concrètes.

Comme on peut le remarquer depuis ces dernières décennies, certaines œuvres d’art ou objets de valeur atteignent des prix vertigineux par la spéculation. Mais qui décide et évalue la valeur ? La profession ou le marché ? Et de quelle valeur parle-t-on ? Qui l’attribue ? les experts, les critiques, les conservateurs, le public…?

Qui a vendu quoi à qui et pour combien appelle une réflexion approfondie sur la manière dont sont évaluées les œuvres d’art. Mais…qui décide de la valeur d’une oeuvre d’art ?

L’attribution de ces différentes valeurs dépend le plus souvent des cercles de personnes ou entités qui déterminent la reconnaissance de l’œuvre dans sa temporalité. Depuis les confrères d’un domaine jusqu’au grand public, en passant par les spécialistes des secteurs public et privé. Pour ce qui est de la valeur marchande, elle relève, comme pour tout bien, de la loi de l’offre et de la demande.

1. La multiplicité : il n’existe pas « une » valeur.

La valeur marchande d’une œuvre, résumée par un prix, est loin d’être la seule intervenant dans l’évaluation de l’art. Il y a de nombreuses autres valeurs tel que l’authenticité, l’originalité, la célébrité, la beauté, la rareté, la spiritualité, la technique et la virtuosité.

On peut attribuer la valeur d’un objet de 3 façons : par la cote (mesure chiffrée), par l’évaluation (recherche, opinion) et par l’attachement (héritage, collection).

Avant de pouvoir répondre à la question de savoir ce qui fait la valeur d’une œuvre, il faut se demander de quelle valeur on parle. Par exemple :

– La valeur sentimentale : l’importance qu’une personne accorde à un objet (héritage, donation).
– La valeur artistique ou technique : selon des notions de domaines spécifiques de l’art, l’œuvre sera mis en scène de manière plus ou moins reconnue.
– La valeur de l’authenticité : l’existence d’un lien effectif entre une création et un créateur : “est authentique ce qui est véritablement de l’auteur auquel on l’attribue”. On parle de degrés d’attribution comme “œuvre de…”,  “attribuée à…” (forte présomption) ou”atelier de…”.

2. La reconnaissance : qui peut attribuer de la valeur à une œuvre ?

Il y a en général 4 groupes de personnes ou entités qui peuvent contribuer à la définition de la valeur d’une œuvre d’art ou d’un objet de valeur :
Le cercle des artistes eux-mêmes : leur avis est fondamental, d’autant plus si l’artiste est novateur et qu’il échappe aux critères de jugements habituels et traditionnels.
Les spécialistes : une multitude d’entités peuvent contribuer tel que des experts, critiques, conservateurs et les commissaires d’exposition.
Les marchands et collectionneurs : leur influence est extrêmement importante, surtout lors de transactions privées.
Le grand public : initiés ou novices qui avec la transformation numérique et internet ont une influence beaucoup plus importante qu’auparavant.

 

3. La temporalité : de la valeur à court terme à celle dictée par le temps

Dans un domaine où la subjectivité est très présente avec des courants artistiques en perpétuel mouvement, comment être certain que ce qui vaut aujourd’hui sera encore considéré demain ?

Que ce soit pour des raisons affectives et même sans que ce soit de la pure spéculation, la notion de la temporalité est un facteur clé. On peut s’en remettre aux évaluations verbales d’un expert spécialistes dans un domaine mais les la pluralité des temporalités sont parfois fondamentales.

Par exemple, on connaît des artistes comme Van Gogh ou le temps a joué un rôle spectaculaire avec des œuvres valant quelques centaines de francs de son vivant et estimées à des dizaines de millions aujourd’hui, voir inestimables. En effet, le peintre a vécu dans le dénuement toute sa vie, et parmi les quelque 2’000 toiles et dessins qu’il a produits et qui, aujourd’hui, se vendent à prix d’or, il n’a vendu qu’un seul tableau de son vivant : La Vigne Rouge (source: Wikipedia). Un siècle plus tard et après de multiples ventes aux enchères elles ont été patrimonalisée (acquises pour le compte d’un musée) avec des valeurs parfois inaliénables. On pourra ainsi ne parler plus que de valeur d’attachement pour des musées.

La Vigne Rouge, Vincent Van Gogh, 1888 (Wikipedia). Le seul tableau vendu par le peintre de son vivant pour 400 francs français de l’époque.

4. L’état de conservation : un facteur essentiel pour définir le prix

Les œuvres d’art sont plus ou moins bien conservées chez leurs propriétaires ou dans des Musées qui restaurent les œuvres au fil des ans. Régulièrement des objets sont parvenus au public en mille morceaux ; par exemple, des vases grecs. Dans le cas d’une œuvre d’art éphémère il y a deux possibilités: soit le Musée ou l’institution la régénère constamment, soit elle est amenée à disparaître. « Puppy » de Jeff Koons au Musée Guggenheim de Bilbao est entretenue par des jardiniers. Le chien ne cesse de croître et l’entretien de celui-ci (taille, eau, etc) est comparable à celui d’un vrai chien.

Lorsqu’une œuvre entre dans un Musée, sa valeur est généralement garantie. Les œuvres d’arts des Musées enrichissent l’histoire de l’art et font partie du patrimoine culturel de l’humanité.

Cependant, lorsqu’elles sont entre les mains de privés comme à leur domicile (ou leur grenier!), elles doivent être restaurées pour d’abord permettre de réparer les dégâts du temps mais également pour les valoriser. Des restaurateurs sérieux comme Baumgartner Fine Art Restoration qui raconte le parcours de chaque œuvre restaurée sur sa page Facebook ou Atelier Blanc en Suisse savent de quoi elles parlent. Et ce, avec des techniques et une éthique permettant de respecter et sauvegarder l’oeuvre d’origine. Par exemple, en cas de dégât important comme une déchirure, la réparation sera toujours réversible en cas d’erreur ou d’insatisfaction.

Painting conservation, Atelier Blanc, 2018

4. L’offre et la demande

Le prix fluctue selon le nombre et le désir des acquéreurs avec la loi inévitable de l’offre et de la demande. D’un prix bas lorsque les acquéreurs se font rares ou hésitants à haut lorsqu’ils sont nombreux et décidés.

Il subsiste aussi la quantité de l’offre, notamment lorsqu’il y a une pénurie des œuvres d’artistes phares sur le marché. Cette loi heurte parfois le sens commun lorsqu’il est question de l’art avec des fluctuations de prix qui n’ont plus rien à voir avec l’authenticité, la beauté ou des techniques. Selon l’artiste reconnu on peut être confronté à aucune qualification, mesure ou monnayage avec parfois des désillusions ou des regrets du type « A ce prix-là, ça ne veut plus rien dire ».

4. Définir la valeur : trouver le bon expert spcialisé

Ce cadre étant posé, il devient possible de proposer une définition ou la valeur d’une œuvre est la résultante de l’ensemble des opérations par lesquelles une qualité est affectée à un objet, avec des variables comme la stabilité, la temporalité et des acteurs aux compétences inégales et aux intérêts variés.

La valeur de l’art devient donc une combinaison d’objectivité, de subjectivité, de temporalité et d’arbitraire.

Il est donc vivement conseillé de trouver le bon expert via une plateforme neutre comme celle d’expertiZ. Celui-ci doit être un spécialiste du type d’objet comme des tableaux, des sculptures, expert du domaine comme celui de l’art asiatique ou contemporain, ainsi que de la période et de la technique de l’artiste concerné.

Références.
1 Subversion et subvention. Art et argumentation esthétique, Gallimard, 1994.
2 Langages de l’art 1970 ; trad. franç. éd. J. Chambon, 1990.
3 Esthétique et logique, éd. Mardaga, 1996.
4 Critique de la faculté de juger, § 11.

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